Opération de l'instabilité de l'épaule à Bordeaux
Dr Lavignac- Spécialiste de l'épaule à Bordeaux
A propos de l’instabilité de l’épaule
Spécialiste de l'épaule à Bordeaux
L’articulation de l’épaule est la plus mobile de tout le corps humain et permet des mouvements très amples.
Elle est aussi la plus instable, c’est-à-dire qu’elle peut « se déboîter ». L’instabilité, dans sa forme la plus spectaculaire, se traduit par une luxation, c’est-à-dire la perte de contact des surfaces articulaires.
Cette situation nécessite le plus souvent le passage dans un service d’urgence pour qu’un médecin, par manœuvre douce, réduise la luxation.
Il arrive que la tête humérale ne sorte que partiellement de la glène, ou qu’elle revienne spontanément en place après quelques instants : on parle alors de subluxation. Bien que moins impressionnante, la subluxation est également un signe d’instabilité et nécessite une évaluation spécialisée.
Dans la grande majorité, ces accidents d’instabilités sont le résultat d’un traumatisme, notamment lors de la pratique sportive (chute, plaquage au rugby, opposition au lancer). Les sports à risque sont ceux dits « d’armé du bras » comme le handball ou les sports de contacts, comme le rugby.
Elle peut également se manifester sans épisode de luxation par une gêne et une douleur lors de certains mouvements. On parle alors d’épaule douloureuse et instable.
Dans 95% des cas, l’instabilité est antérieure, c’est-à-dire que l’humérus passe en avant de l’omoplate. Elle est parfois postérieure. Chaque épisode d’instabilité peut entraîner des lésions de passage : sur le rebord osseux de la glène, le bourrelet ou les ligaments ainsi que la capsulaire articulaire. Ces éléments ne cicatrisent pas correctement, ce qui explique la fréquence des récidives.
L’épaule reste instable, se luxe de plus en plus facilement et vous empêche de mener une vie normale. L’articulation s’abîme davantage à chaque luxation.
Une stabilisation chirurgicale est nécessaire.
Spécialiste de la chirurgie de l’épaule
Prise en charge de l'instabilité de l'épaule à Bordeaux
Opération de l'instabilité de l'épaule à Bordeaux
Quel traitement ?
Lors d’un premier accident, une immobilisation est généralement mise en place, suivie d’une rééducation pour retrouver l’amplitude des mouvements et renforcer les muscles autour de l’épaule.
En dehors de la phase aiguë, le principal symptôme est souvent l’appréhension : une sensation de peur que l’épaule se déboîte, notamment dans certaines positions ou lors de gestes sportifs.
Dans certains cas, une rééducation bien conduite permet de stabiliser l’épaule et de maîtriser cette appréhension. Lorsque cela est efficace, une intervention chirurgicale n’est pas nécessaire.
Une intervention chirurgicale est proposée lorsque les accidents d’instabilité se répètent, entraînent une gêne dans la vie quotidienne ou la pratique sportive ou en cas de lésion importante favorisant la récidive précoce.
Le risque de récidive est d’autant plus important que le 1er épisode survient à un âge jeune. Les sports à risque incluent ceux dits « d’armé du bras » et les sports de contact.
Les lésions de passage favorisent la récidive par la perte de surface osseuse, la déchirure du joint de l’articulation ou la rupture de ligament stabilisateur de l’épaule.
Une hyperlaxité congénitale (articulations particulièrement souples) peut également favoriser ces instabilités.
Le traitement chirurgical repose sur différentes techniques, dont le choix est adapté à votre situation personnelle et dépend de plusieurs éléments : l’importance des lésions identifiées (capsulaires ou osseuses), votre âge, et votre niveau d’activité physique et sportive.
Selon les cas, l’intervention peut concerner le bourrelet glénoïdien (lésion de Bankart), la glène (défaut osseux antérieur) ou la tête humérale (encoche de Hill-Sachs). Ces lésions peuvent être traitées isolément ou de façon combinée, dans le cadre d’un véritable traitement “à la carte”.
Les deux principales techniques utilisées sont :
La réparation de Bankart, qui vise à réparer le bourrelet glénoïdien,
La butée de Latarjet, qui consiste à stabiliser l’articulation par une greffe osseuse sur la glène.
D’autres techniques chirurgicales peuvent être envisagées, seules ou en complément, en fonction des lésions observées.
Les differentes étapes
Une intervention de stabilisation de votre épaule vous a été recommandée par le Docteur Lavignac.
Voici les étapes de l’opération expliquées simplement pour que vous compreniez mieux ce qui va se passer.
AVANT L’INTERVENTION
Un bilan complet est réalisé associant radiographies et un arthroscanner (arthroTDM) de l’épaule est indispensable pour planifier précisément l’intervention. Il permet de reconstruire votre articulation et de déterminer les lésions présentes liées à votre instabilité.
PENDANT L’INTERVENTION
L’intervention se réalise soit sous arthroscopie (une caméra est introduite par une petite incision pour visualiser l’intérieur de l’articulation et traiter les lésions en cause avec des mini-instruments) soit en abordant l’épaule par une incision sur le devant de l’épaule de 5 à 7 cm.
APRES L’INTERVENTION
Une attelle est à maintenir pendant 3 semaines afin de protéger la cicatrisation osseuse et/ou ligamentaire.
La rééducation débute immédiatement après l’intervention, en suivant le protocole remis.
Il est généralement possible de se resservir de votre épaule pour les gestes simples du quotidien dans un délai de l’ordre de 6 semaines.
Vous serez revu(e) en consultation postopératoire à 45 jours de l’intervention avec un contrôle radiographique, afin d’évaluer l’évolution et d’adapter la rééducation si nécessaire.
A propos de l’intervention
Butée de Latarjet
L’intervention de butée de Latarjet consiste à transférer un bloc osseux (coracoïde) et le tendon du muscle coraco-biceps sur la face antérieure de l’omoplate. La butée est fixée par 2 vis dans l’os. Un geste retente des ligaments et de la capsule est réalisé également.
Cette opération est pratiquée chez les patients présentant des épaules instables, et dont les structures anatomiques abimées ne sont pas réparables ou ne sont pas suffisantes pour stabiliser l’épaule pour des raisons multiples : soit ces structures sont trop lésées (fracture de la glène ou encoche humérale), soit les sollicitations de l’épaule sont trop importantes (sports de contacts, haut niveau de pratique sportive).
Réparation de Bankart
L’intervention de Bankart consiste à réparer le joint articulaire endommagé et retendre les ligaments et la capsule articulaire pour stabiliser l’épaule. L’intervention se déroule sous arthroscopie. Elle permet avec une caméra introduite par une petite incision, de visualiser l’intérieur de l’articulation, et réinsérer sur l’os les éléments ligamentaires et fibrocartilagineux (labrum ou bourrelet glénoïdien) qui assurent la stabilité de l’articulation. Ces éléments sont amarrés sur l’os par des fils attachés à des petites ancres enfoncées dans l’os.
Cette opération est pratiquée chez les patients présentant des épaules instables et dont les structures anatomiques abîmées sont réparables et suffisantes pour stabiliser l’épaule. On parle de Bankart antérieur pour les lésions antérieures, de Bankart postérieur pour les lésions postérieures. Certaines lésions s’étendent simultanément sur les zones antérieures et postérieures.
Comblement postérieur
Le comblement postérieur, aussi appelé remplissage postérieur, est utilisé dans certaines instabilités antérieures de l’épaule lorsqu’il existe une encoche de la tête humérale appelée lésion de Hill-Sachs, susceptible de s’engager et de favoriser une nouvelle luxation. Le principe est de fixer le tendon de l’infra-épineux et la capsule postérieure dans cette encoche afin de la “remplir” et de la rendre moins accrochante. Cette intervention est le plus souvent réalisée sous arthroscopie, souvent en complément d’une réparation de Bankart. L’objectif est de diminuer le risque de récidive d’instabilité.
Comblement antérieur
Le comblement antérieur correspond au traitement d’une encoche humérale antérieure, appelée reverse Hill-Sachs, observée dans certaines instabilités postérieures de l’épaule. Le principe est de venir combler cette encoche en y fixant le tendon du sous-scapulaire. Cette technique est classiquement connue sous le nom de procédure de McLaughlin; certaines variantes utilisent aussi le trochin avec son insertion tendineuse. Le but est d’empêcher l’encoche de s’engager sur la glène et de réduire le risque de nouvelle luxation postérieure.
DAS – Dynamic Anterior Stabilization
La technique de DAS (Dynamic Anterior Stabilization) est une intervention arthroscopique utilisée pour traiter certaines instabilités antérieures de l’épaule. Elle consiste à utiliser le tendon du long biceps pour créer un renfort dynamique à l’avant de l’articulation, souvent en complément d’une réparation de Bankart. Ce tendon est repositionné et fixé à l’avant de l’épaule afin d’aider à limiter le risque de nouvelle luxation. L’objectif est d’améliorer la stabilité sans avoir recours à une greffe osseuse, dans des situations bien sélectionnées.
Les résultats attendus
Le but de cette chirurgie est de supprimer l’instabilité de votre épaule (luxation appréhension avec sensation que l’épaule va se déboîter ou ne bouge pas normalement).
Votre épaule doit devenir stable et être utilisée sans aucune crainte. L’échec de la chirurgie est rare avec des épaules stabilisées dans plus de 90% des cas.
Il est fréquent que la mobilité de votre épaule soit diminuée, sans que votre vie professionnelle ou de loisir n’en soit affectée.
L’évolution peut être longue et se faire sur plusieurs mois avant de récupérer ses amplitudes de mouvement définitives.
L’usure cartilagineuse déjà présente (tendance à une usure plus rapide d’une articulation instable) ne peut être stoppée par cette opération.
Complications
La liste n’est pas exhaustive et une complication particulièrement exceptionnelle peut survenir, liée à l’état local ou à une variabilité technique.
Comme toute chirurgie, il existe un risque d’hématome qui se résorbe en règle générale tout seul. Il peut également survenir un trouble de cicatrisation cutanée. L’évolution est très souvent favorable avec la poursuite des pansements.
L’infection profonde est exceptionnelle et peut nécessiter une nouvelle chirurgie accompagnée d’un traitement prolongé par antibiotiques. Il vous est fortement déconseillé de fumer pendant la période de cicatrisation, le tabagisme augmentant de manière significative le taux d’infection.
Les lésions nerveuses sont exceptionnelles (nerf axillaire ou musculo cutané le plus souvent). Il s’agit le plus souvent d’un étirement simple de nerf lié aux manœuvres opératoires qui va spontanément récupérer. Très rarement, il s’agit d’une atteinte plus sévère pouvant nécessiter une nouvelle opération et laisser des séquelles.
La capsulite rétractile est un phénomène douloureux et inflammatoire avec rétraction de la capsule de l’articulation entraînant une diminution de la mobilité de l’épaule. Il s’agit d’un mécanisme de défense de l’organisme face à un stress (chirurgie, rééducation intensive, douleur mal contrôlée). Elle récupère généralement en 12 à 18 mois et nécessite un traitement médical renforcé (geste infiltratif, psychothérapie, centre antidouleur). Elle est imprévisible dans sa survenue comme dans son évolution et ses séquelles potentielles.
Le fragment osseux de la butée peut disparaître sur l’imagerie (ostéolyse) ou ne pas consolider correctement sur la glène (pseudarthrose) sans que cela ait forcément de conséquence fonctionnelle sur votre épaule. La non-consolidation de la butée osseuse sur l’omoplate est rare ; elle est favorisée par le tabagisme.
La récidive de l’instabilité avec luxation ou subluxation peut survenir. Ce risque varie selon votre âge, la gravité des lésions avant l’opération, l’existence d’une hyperlaxité ou d’une maladie du collagène, et votre adhésion aux instructions post-chirurgicales.
Une arthrose précoce de l’épaule est l’évolution classique d’une épaule instable que ne peut empêcher une stabilisation chirurgicale.
Votre parcours patient en chirurgie de l'épaule à Bordeaux
Dr Pierre Lavignac
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Articulation de l’épaule
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En résumé
La stabilisation de l’épaule est un geste chirurgical fréquent en orthopédie. C’est une opération délicate et son résultat sera conditionné par une rééducation de plusieurs semaines. Le but de cette opération est de faire disparaître l’appréhension (peur de se reluxer) et les luxations. En l’absence de complication, cette opération permet au patient de retrouver une l’épaule stable.