Un fragment osseux préparé avec son tendon
Une partie de la coracoïde est prélevée en conservant l’attache du tendon conjoint. L’os et le tendon sont transférés ensemble.
Comprendre la butée de Latarjet, les autres gestes de stabilisation et les étapes de votre intervention.
Luxations répétées, sensation d’instabilité, appréhension à l’effort : la butée de Latarjet vise à retrouver une épaule stable et à préparer la reprise des activités. Elle occupe une place importante chez les jeunes sportifs exposés aux contacts et aux collisions. Le Dr Pierre Lavignac vous propose un bilan personnalisé pour adapter l’intervention à vos lésions et à votre pratique.

Un fragment d’os situé à l’avant de l’omoplate, la coracoïde, est déplacé avec le tendon qui s’y attache. Il est fixé sur le bord antérieur de la glène, la partie de l’omoplate qui reçoit la tête de l’humérus.
Le fragment osseux renforce le rebord de l’articulation. Le tendon transféré apporte un effet de sangle dynamique dans les positions où l’épaule risque de se déboîter.
Une réparation du labrum et une remise en tension de la capsule peuvent compléter ce montage. Les gestes sont adaptés au bilan de votre épaule.
À retenir : la butée de Latarjet traite l’instabilité vers l’avant. Une instabilité postérieure nécessite une stratégie adaptée au sens du déplacement.
La décision repose sur votre histoire, l’examen clinique et l’imagerie. La butée peut notamment être discutée lorsque :

Une perte osseuse et une encoche humérale ne s’analysent pas séparément : leur interaction compte. C’est le principe de la « zone de contact », ou glenoid track, présenté dans le bilan. Pour les explications générales, retrouvez la fiche Instabilité et luxations.



Une partie de la coracoïde est prélevée en conservant l’attache du tendon conjoint. L’os et le tendon sont transférés ensemble.
Le fragment est positionné à l’avant de la glène et fixé, habituellement par deux vis. Il augmente l’appui disponible pour la tête de l’humérus.
Le tendon transféré contribue à freiner le déplacement vers l’avant lorsque le bras se place dans une position à risque.
Selon les lésions, la capsule et le labrum sont également réparés et remis en tension pour compléter la stabilisation.
La butée apporte un renfort utile lorsque le rebord de la glène est abîmé. Elle fait partie des options privilégiées chez les sportifs à haut risque de récidive, notamment dans les sports de contact ou de collision. Son indication dépend aussi de l’encoche humérale, des tissus et de vos antécédents.
Pour préparer votre reprise, consultez les délais et les critères du retour au sport après une instabilité de l’épaule.
Le risque de nouvelle luxation est faible dans de nombreuses séries, mais il n’est pas nul. Il varie avec le recul, les lésions et l’exposition sportive : un taux inférieur à 3 % ne peut pas être garanti à tous les patients. La consolidation, la rééducation et la récupération de la confiance comptent dans le résultat.
Une reprise entre quatre et six mois peut être envisagée dans certaines situations. Les contacts ou la compétition peuvent demander davantage de temps. La décision repose sur la mobilité, la force, le contrôle du geste et la consolidation, selon le suivi. Retrouvez les délais et critères du retour au sport.
Le bilan et la progression tiennent compte de votre discipline, de votre poste et de votre niveau de pratique.
Le bilan précise les lésions osseuses et ligamentaires. Le scanner ou l’arthroscanner aide à planifier le geste. La consultation d’anesthésie et les consignes de préparation complètent ce parcours.
La stabilisation est généralement réalisée sous anesthésie générale, associée à une anesthésie locorégionale pour la douleur. Une courte incision à l’avant de l’épaule permet de réaliser la butée. Les modalités exactes sont précisées en consultation.
Retrouvez ensuite les étapes de la rééducation après une butée de Latarjet.
Le retour à domicile se fait habituellement en ambulatoire. L’attelle protège les structures réparées et la rééducation débute selon le protocole remis. Le suivi vérifie la cicatrisation, la consolidation et la récupération.
Retrouvez les consignes dans les suites opératoires, les étapes de la rééducation et les repères pour le retour au sport. La reprise se décide sur l’évolution de votre épaule et les exigences de votre activité.
Ces techniques ne s’opposent pas à la butée. Elles répondent à des lésions différentes et peuvent être proposées seules ou combinées.
Sous arthroscopie, le bourrelet glénoïdien est réinséré sur l’os à l’aide d’ancres et de fils. La capsule et les ligaments sont remis en tension. Cette réparation peut suffire lorsque les tissus et les conditions osseuses le permettent.
Elle est antérieure ou postérieure selon la localisation de la lésion.
Le comblement vise à empêcher une encoche de la tête humérale d’accrocher le rebord de la glène. Il peut compléter une réparation ligamentaire ou une autre stabilisation.
Une perte osseuse en arrière ou certaines situations complexes peuvent nécessiter une butée postérieure ou une autre greffe osseuse. Le montage est adapté à la direction de l’instabilité et au bilan osseux.
La DAS utilise le tendon du long biceps pour apporter un renfort dynamique à l’avant de l’épaule, souvent associé à une réparation de Bankart. Elle concerne des indications sélectionnées.
Pour comprendre les indications, les différences et les associations possibles, consultez Quelle technique pour votre épaule ?. Vous y trouverez les schémas de Bankart, du remplissage et de la DAS.
Le remplissage vise à empêcher une encoche de la tête humérale d’accrocher le rebord de la glène. Il consiste à fixer des tissus dans le creux osseux à l’aide d’ancres et de sutures. Il ne recrée pas une surface de cartilage.
Dans certaines instabilités antérieures, la capsule postérieure et le tendon de l’infra-épineux sont fixés dans l’encoche postéro-latérale. Ce geste peut compléter un Bankart lorsque l’encoche risque de s’engager sur la glène.
Dans certaines instabilités postérieures, le tendon du sous-scapulaire peut être fixé dans l’encoche antéro-médiale. Cette option correspond au principe du remplissage inversé ; d’autres techniques peuvent être préférées selon la lésion.
La taille et la position de l’encoche, la perte osseuse glénoïdienne, le risque d’accrochage et les gestes sportifs sont étudiés ensemble. Le bénéfice recherché sur la stabilité est mis en balance avec une éventuelle limitation de certaines rotations.
Après la prise en charge, le retour au sport se prépare par étapes, avec des délais et des critères adaptés, avec ou sans chirurgie.
Lors d’un premier accident, une immobilisation est généralement mise en place, suivie d’une rééducation pour retrouver l’amplitude des mouvements et renforcer les muscles autour de l’épaule.
En dehors de la phase aiguë, le principal symptôme est souvent l’appréhension : une sensation de peur que l’épaule se déboîte, notamment dans certaines positions ou lors de gestes sportifs.
Dans certains cas, une rééducation bien conduite permet de stabiliser l’épaule et de maîtriser cette appréhension. Lorsque cela est efficace, une intervention chirurgicale n’est pas nécessaire.
Une intervention chirurgicale est proposée lorsque les accidents d’instabilité se répètent, entraînent une gêne dans la vie quotidienne ou la pratique sportive ou en cas de lésion importante favorisant la récidive précoce.
Le risque de récidive est d’autant plus important que le 1er épisode survient à un âge jeune. Les sports à risque incluent ceux dits « d’armé du bras » et les sports de contact.
Les lésions de passage favorisent la récidive par la perte de surface osseuse, la déchirure du joint de l’articulation ou la rupture de ligament stabilisateur de l’épaule.
Une hyperlaxité congénitale (articulations particulièrement souples) peut également favoriser ces instabilités.
Le traitement chirurgical repose sur différentes techniques, dont le choix est adapté à votre situation personnelle et dépend de plusieurs éléments : l’importance des lésions identifiées (capsulaires ou osseuses), votre âge, et votre niveau d’activité physique et sportive.
Selon les cas, l’intervention peut concerner le bourrelet glénoïdien (lésion de Bankart), la glène (défaut osseux antérieur) ou la tête humérale (encoche de Hill-Sachs). Ces lésions peuvent être traitées isolément ou de façon combinée, dans le cadre d’un véritable traitement “à la carte”.
Les deux principales techniques utilisées sont :
D’autres techniques chirurgicales peuvent être envisagées, seules ou en complément, en fonction des lésions observées.
Une intervention de stabilisation de votre épaule vous a été recommandée par le Docteur Lavignac.
Voici les étapes de l’opération expliquées simplement pour que vous compreniez mieux ce qui va se passer.
Un bilan complet est réalisé associant radiographies et un arthroscanner (arthroTDM) de l’épaule est indispensable pour planifier précisément l’intervention. Il permet de reconstruire votre articulation et de déterminer les lésions présentes liées à votre instabilité.
L’intervention se réalise soit sous arthroscopie (une caméra est introduite par une petite incision pour visualiser l’intérieur de l’articulation et traiter les lésions en cause avec des mini-instruments) soit en abordant l’épaule par une incision sur le devant de l’épaule de 5 à 7 cm.
Une attelle est à maintenir pendant 3 semaines afin de protéger la cicatrisation osseuse et/ou ligamentaire.
La rééducation débute immédiatement après l’intervention, en suivant le protocole remis.
Il est généralement possible de se resservir de votre épaule pour les gestes simples du quotidien dans un délai de l’ordre de 6 semaines.
Vous serez revu(e) en consultation postopératoire à 6 semaines de l’intervention avec un contrôle radiographique, afin d’évaluer l’évolution et d’adapter la rééducation si nécessaire.
L’intervention de butée de Latarjet consiste à transférer un bloc osseux (coracoïde) et le tendon du muscle coraco-biceps sur la face antérieure de l’omoplate. La butée est fixée par 2 vis dans l’os. Un geste retente des ligaments et de la capsule est réalisé également.
Cette opération est pratiquée chez les patients présentant des épaules instables, et dont les structures anatomiques abimées ne sont pas réparables ou ne sont pas suffisantes pour stabiliser l’épaule pour des raisons multiples : soit ces structures sont trop lésées (fracture de la glène ou encoche humérale), soit les sollicitations de l’épaule sont trop importantes (sports de contacts, haut niveau de pratique sportive).
L’intervention de Bankart consiste à réparer le joint articulaire endommagé et retendre les ligaments et la capsule articulaire pour stabiliser l’épaule. L’intervention se déroule sous arthroscopie. Elle permet avec une caméra introduite par une petite incision, de visualiser l’intérieur de l’articulation, et réinsérer sur l’os les éléments ligamentaires et fibrocartilagineux (labrum ou bourrelet glénoïdien) qui assurent la stabilité de l’articulation. Ces éléments sont amarrés sur l’os par des fils attachés à des petites ancres enfoncées dans l’os.
Cette opération est pratiquée chez les patients présentant des épaules instables et dont les structures anatomiques abîmées sont réparables et suffisantes pour stabiliser l’épaule. On parle de Bankart antérieur pour les lésions antérieures, de Bankart postérieur pour les lésions postérieures. Certaines lésions s’étendent simultanément sur les zones antérieures et postérieures.
Le comblement postérieur, aussi appelé remplissage postérieur, est utilisé dans certaines instabilités antérieures de l’épaule lorsqu’il existe une encoche de la tête humérale appelée lésion de Hill-Sachs, susceptible de s’engager et de favoriser une nouvelle luxation. Le principe est de fixer le tendon de l’infra-épineux et la capsule postérieure dans cette encoche afin de la “remplir” et de la rendre moins accrochante. Cette intervention est le plus souvent réalisée sous arthroscopie, souvent en complément d’une réparation de Bankart. L’objectif est de diminuer le risque de récidive d’instabilité.
Le comblement antérieur correspond au traitement d’une encoche humérale antérieure, appelée reverse Hill-Sachs, observée dans certaines instabilités postérieures de l’épaule. Le principe est de venir combler cette encoche en y fixant le tendon du sous-scapulaire. Cette technique est classiquement connue sous le nom de procédure de McLaughlin; certaines variantes utilisent aussi le trochin avec son insertion tendineuse. Le but est d’empêcher l’encoche de s’engager sur la glène et de réduire le risque de nouvelle luxation postérieure.
La technique de DAS (Dynamic Anterior Stabilization) est une intervention arthroscopique utilisée pour traiter certaines instabilités antérieures de l’épaule. Elle consiste à utiliser le tendon du long biceps pour créer un renfort dynamique à l’avant de l’articulation, souvent en complément d’une réparation de Bankart. Ce tendon est repositionné et fixé à l’avant de l’épaule afin d’aider à limiter le risque de nouvelle luxation. L’objectif est d’améliorer la stabilité sans avoir recours à une greffe osseuse, dans des situations bien sélectionnées.
Le but de cette chirurgie est de supprimer l’instabilité de votre épaule (luxation appréhension avec sensation que l’épaule va se déboîter ou ne bouge pas normalement).
Votre épaule doit devenir stable et être utilisée sans aucune crainte. L’échec de la chirurgie est rare avec des épaules stabilisées dans plus de 90% des cas.
Il est fréquent que la mobilité de votre épaule soit diminuée, sans que votre vie professionnelle ou de loisir n’en soit affectée.
L’évolution peut être longue et se faire sur plusieurs mois avant de récupérer ses amplitudes de mouvement définitives.
L’usure cartilagineuse déjà présente (tendance à une usure plus rapide d’une articulation instable) ne peut être stoppée par cette opération.
La liste n’est pas exhaustive et une complication particulièrement exceptionnelle peut survenir, liée à l’état local ou à une variabilité technique.
Les deux schémas de butée et la photographie proviennent du site de notre équipe, Chirurgie de l’épaule à Bordeaux. Les schémas du remplissage sont des représentations pédagogiques simplifiées.
Pour les informations après un premier épisode, consultez que faire après une première luxation. Les repères pour reprendre le sport sont présentés dans une page dédiée.