Instabilité et luxations / Quelle technique pour votre épaule ?

Quelle technique pour votre épaule ?

Bankart, remplissage, DAS : comprendre ce que chaque geste répare et pourquoi le choix dépend de votre épaule.

Examen de l’épaule en consultation

Le bilan guide le choix

La butée de Latarjet est très utilisée pour l’instabilité antérieure récidivante, notamment en cas de lésions osseuses ou d’exposition sportive importante. Elle n’est cependant pas la réponse à toutes les situations.

Le choix entre réparation de Bankart, remplissage et stabilisation dynamique par le biceps repose sur l’examen et une analyse précise de l’imagerie. Certains gestes peuvent être associés au cours de la même intervention.

Pour préparer cette discussion, notez le premier épisode, les récidives, les gestes qui vous inquiètent et les activités auxquelles vous avez renoncé. Apportez les comptes rendus et les images dont vous disposez. Vos priorités comptent aussi : travail, sport, confiance dans l’épaule ou autonomie. Ces éléments aident à comprendre le choix proposé, sans permettre de sélectionner une technique à partir d’un seul symptôme ou d’une image isolée.

  • Le sens de l’instabilité : déplacement vers l’avant ou vers l’arrière.
  • L’os : quantité d’os manquant sur la glène, taille et position de l’encoche humérale, interaction entre les deux.
  • Les tissus : état du labrum, de la capsule et des ligaments.
  • Votre situation : épisodes antérieurs, laxité, sport, travail et objectifs.

En savoir plus sur la butée de Latarjet.

La réparation de Bankart sous arthroscopie

À gauche, déchirure du labrum ; à droite, réparation capsulo-labrale
À gauche : déchirure du labrum et des ligaments. À droite : réparation et retension capsulo-labrale.

Réparer les structures décollées

Le labrum est le bourrelet qui entoure la glène. Lors d’une luxation antérieure, il peut se détacher avec la capsule et les ligaments. La réparation de Bankart les réinsère sur l’os à l’aide de petites ancres et de fils.

L’arthroscopie utilise une caméra et des instruments introduits par quelques petites incisions, souvent deux ou trois selon les gestes. De petites cicatrices n’éliminent pas le temps nécessaire à la cicatrisation des tissus.

Dans quelles situations ?

Cette technique est surtout discutée lorsque la perte osseuse est faible et que l’état des tissus permet une réparation. Le niveau sportif, la laxité et les récidives entrent également en compte.

En cas d’instabilité vers l’arrière, une réparation capsulo-labrale postérieure peut être proposée. Une lésion supérieure du labrum, dite SLAP, nécessite une analyse spécifique : elle ne conduit pas automatiquement à une réparation de Bankart.

Pourquoi la réparation seule ne suffit-elle pas toujours ?

Une perte osseuse importante ou une encoche susceptible d’accrocher le rebord de la glène augmentent le risque d’échec d’une réparation isolée. Un remplissage ou une reconstruction osseuse peut alors être discuté. Le risque de récidive dépend du profil et du recul ; un chiffre unique de 15 % ne s’applique pas à tous.

Le remplissage de l’encoche de Hill-Sachs

Une empreinte laissée par le choc

Lors d’une luxation antérieure, la partie postéro-latérale de la tête humérale peut heurter le rebord de la glène et s’enfoncer : c’est l’encoche de Hill-Sachs. Selon sa taille et sa position, elle peut accrocher ce rebord lorsque le bras se place en position à risque.

Empêcher l’encoche de s’engager

Le remplissage consiste à fixer la capsule postérieure et le tendon de l’infra-épineux dans l’encoche. Il rend cette zone moins susceptible de s’engager sur la glène. Il est souvent associé à une réparation de Bankart pour traiter à la fois le labrum et l’encoche.

L’analyse tient compte de la perte osseuse de la glène : traiter l’encoche ne remplace pas nécessairement un renfort osseux lorsque cette perte est importante.

Stabilité et mobilité

Le geste peut améliorer la stabilité, mais une diminution de la rotation externe est possible. Ce point se discute particulièrement chez les sportifs de lancer ou d’armé du bras.

Encoche de Hill-Sachs en haut, remplissage par capsule et infra-épineux en bas
Le remplissage associe la capsule postérieure et l’infra-épineux à l’encoche.

Et pour une instabilité postérieure ? Une encoche inversée se situe à l’avant de la tête humérale. Un comblement utilisant le sous-scapulaire peut être discuté.

La stabilisation dynamique par le biceps : DAS

Schéma du transfert du tendon du long biceps pour une stabilisation dynamique antérieure
Le long biceps apporte une sangle à l’avant de l’épaule.

Ajouter un soutien dynamique

La Dynamic Anterior Stabilization utilise le tendon du long biceps, transféré vers le bord antérieur de la glène. Il agit comme une sangle et complète souvent une réparation de Bankart.

Cette technique sous arthroscopie n’ajoute pas de fragment osseux. Elle est discutée dans des situations sélectionnées d’instabilité antérieure avec perte osseuse limitée.

Une indication à préciser ensemble

La DAS peut constituer une option entre réparation isolée et butée osseuse. La qualité des tissus, l’état du biceps, l’encoche et les exigences sportives comptent dans la décision.

Les résultats à court terme sont encourageants, mais le recul et les études comparatives restent plus limités que pour les techniques établies.

Choisir un geste, préparer la récupération

Le choix final se construit en consultation à partir du bilan complet. Une technique peut être associée à une autre pour traiter plusieurs lésions. L’objectif est d’obtenir une stabilité adaptée à vos activités tout en préservant autant que possible la mobilité.

Les bénéfices attendus, les limites et les risques sont expliqués avant l’opération. Selon le geste, une récidive, une raideur, une infection ou une atteinte nerveuse sont notamment possibles. La durée de l’intervention et les modalités d’immobilisation sont précisées pour votre situation.

Préparez la suite avec les suites opératoires, la rééducation et le retour au sport. Vous pouvez contacter le cabinet pour organiser votre bilan.

Questions fréquentes

Ces techniques sont-elles des alternatives exclusives ?

Non. Une réparation du labrum peut être associée à un remplissage ou à un renfort dynamique. Le choix dépend de l’ensemble des lésions.

Une petite incision permet-elle de reprendre immédiatement le sport ?

Non. Même après arthroscopie, les structures réparées doivent cicatriser. La reprise dépend du geste, de la récupération et des contraintes du sport.

Puis-je choisir la technique à partir de mon IRM ?

L’imagerie doit être interprétée avec l’examen, les circonstances des épisodes et vos objectifs. Une image ou un questionnaire en ligne ne remplace pas cette analyse.

Dr Pierre Lavignac, chirurgien de l’épaule à Bordeaux.

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