Votre épaule / Instabilité et luxations

Instabilité et luxations de l’épaule à Bordeaux

Comprendre les luxations de l’épaule, les possibilités de traitement et le parcours de récupération.

Joueurs de rugby lors d’un contact en match

En bref, L’instabilité de l’épaule se traduit par des luxations ou subluxations récidivantes, souvent après un premier accident chez le sujet jeune et sportif. Selon l’usure osseuse mesurée à l’imagerie, le Dr Pierre Lavignac, spécialiste de l’épaule à Bordeaux, propose une intervention de Bankart sous arthroscopie ou une butée de Latarjet. Le déroulé : intervention, immobilisation, rééducation, puis reprise du sport encadrée sur 3 à 6 mois.

Comprendre l’instabilité de l’épaule

L’épaule est l’articulation la plus mobile du corps humain, c’est ce qui en fait aussi la plus instable. Elle peut « se déboîter » : c’est la luxation, qui correspond à la perte complète de contact entre la tête de l’humérus et la glène de l’omoplate. Quand le déboîtement n’est que partiel ou se réduit spontanément, on parle de subluxation.
Dans environ 95 % des luxations, le déplacement est antérieur : la tête de l’humérus passe en avant de la glène. L’instabilité postérieure est plus rare mais existe, notamment chez certains profils sportifs.

Après un premier déboîtement, retrouvez les étapes à suivre après une première luxation : prise en charge aux urgences, protection et début de la rééducation.

Instabilité antérieure ou postérieure : quelle différence ?

des luxations

Antérieure : vers l’avant

La tête de l’humérus se déplace vers l’avant de la glène. C’est la forme la plus fréquente, notamment après un traumatisme avec le bras écarté et tourné vers l’extérieur.

des luxations

Postérieure : vers l’arrière

La tête de l’humérus se déplace vers l’arrière. Cette forme peut survenir après un choc ou des contraintes répétées. Elle peut se manifester par une douleur ou une gêne lors des appuis et poussées, sans déboîtement spectaculaire.

Comprendre l’instabilité postérieure

Ces ordres de grandeur concernent les luxations de l’épaule. L’instabilité postérieure peut aussi exister sans luxation complète.

La direction est déterminée par l’histoire de l’épaule, l’examen et l’imagerie. Elle oriente la protection, la rééducation et, si nécessaire, le geste chirurgical. Une laxité dans plusieurs directions peut aussi être rencontrée : une épaule souple n’est pas forcément instable.

Les manifestations possibles

Ces manifestations peuvent se présenter de façons différentes et ne suffisent pas, à elles seules, à poser un diagnostic.

Examen de l’épaule en consultation
Comprendre la gêne, puis la replacer dans votre histoire.

Un déboîtement

Une luxation a pu nécessiter un passage aux urgences pour remettre l’épaule en place.

Une sensation de départ

L’épaule semble partir lors de certains gestes, notamment avec le bras levé ou tourné vers l’extérieur dans l’instabilité antérieure.

Une appréhension

Certains mouvements sont évités par crainte d’un nouveau déboîtement : lancer, lever le bras ou dormir le bras au-dessus de la tête.

Une douleur ou une gêne

Une épaule peut être douloureuse et instable sans luxation complète visible.

Une confiance diminuée

La gêne peut conduire à réduire ou à interrompre certaines activités, en particulier sportives.

Causes et profils à risque

Plaquage au rugby illustrant les contraintes exercées sur l’épaule lors d’un contact
Un contact, une chute ou un geste répété : le mécanisme aide à comprendre l’instabilité.

La grande majorité des instabilités sont post-traumatiques. Le mécanisme et votre profil aident à comprendre la situation.

Comment cela peut survenir

Une chute

Sur le bras tendu ou en rotation externe.

Un contact

Plaquage au rugby ou choc dans un sport de contact.

Une traction

Une traction violente exercée sur le bras.

Un geste d’armé

Lancer, handball ou opposition avec le bras levé.

Les profils plus exposés

Un premier épisode jeune

Un âge jeune au premier épisode augmente le risque de récidive. Le niveau de risque varie aussi avec les lésions et les activités.

Un sport qui expose l’épaule

Sports d’armé, comme le handball, le tennis, le javelot ou la natation papillon ; sports de contact, comme le rugby, le judo ou le MMA.

Une souplesse articulaire importante

L’hyperlaxité peut favoriser certaines formes d’instabilité. Une épaule souple n’est toutefois pas forcément instable.

Les éléments utiles en consultation

Votre récit et le bilan se complètent pour adapter la prise en charge.

L’âge

Votre âge actuel et celui du premier épisode.

Le mécanisme

Chute, choc, contact, traction ou contraintes répétées.

La survenue

Premier épisode ou récidives ; luxation complète ou sensation de déplacement ; réduction aux urgences ou spontanée.

Le sport et le travail

Discipline, niveau, contacts, risque de chute, gestes en hauteur et contraintes professionnelles.

La gêne au quotidien

Douleur, appréhension, perte de confiance et activités limitées.

L’examen et l’imagerie

Laxité, mobilité, force et état du labrum, de la capsule, de l’os et des tendons.

Pourquoi ça récidive ?

Un épisode d’instabilité peut abîmer les structures qui maintiennent la tête de l’humérus en face de la glène. Certaines lésions persistent après l’épisode ou s’aggravent lors des récidives.

Le labrum se décolle

Lésion de Bankart

Le bourrelet situé au bord de la glène et les ligaments qui s’y attachent peuvent se décoller. Le rebord perd une partie de son rôle de stabilisateur.

La capsule se détend

Distension capsulo-ligamentaire

L’enveloppe et les ligaments de l’articulation peuvent s’étirer. La tête humérale est alors moins bien contenue dans certaines positions.

Coupe de l’épaule montrant une encoche de la tête humérale
Encoche de Hill-Sachs, illustration adaptée de la présentation du Dr Lavignac.

Une encoche sur la tête humérale

Lésion de Hill-Sachs

Lors d’une luxation antérieure, la tête humérale percute le rebord de la glène. Le choc peut laisser un enfoncement osseux à l’arrière de la tête.

Vue de la glène avec une lésion de son rebord osseux
Perte osseuse de la glène, illustration adaptée de la présentation du Dr Lavignac.

Un rebord osseux abîmé

Perte osseuse glénoïdienne

Un fragment du bord de la glène peut se fracturer ou s’user au fil des récidives. La surface d’appui de la tête humérale diminue.

Deux vues montrant l’interaction entre une encoche humérale et le rebord de la glène
L’encoche et la perte osseuse de la glène s’analysent ensemble.

Deux lésions qui peuvent interagir

Dans certaines positions, l’encoche humérale peut accrocher le bord de la glène et favoriser un nouveau déboîtement. Le bilan analyse leur taille, leur position et leur interaction, appelée glenoid track.

Les récidives peuvent accentuer les lésions. Le choix du traitement tient aussi compte de la gêne, de l’âge et des activités. Consultez les techniques de stabilisation pour comprendre ce que chaque geste répare.

La prise en charge

Quand consulter ?

  • Vous avez fait une première luxation, même si tout semble revenu à la normale, un avis spécialisé permet de chiffrer le risque de récidive
  • Vous avez fait plusieurs luxations ou subluxations
  • Vous ressentez de l’appréhension qui limite vos activités sportives ou quotidiennes
  • Vous êtes jeune (< 30 ans), sportif, et venez d’avoir un premier épisode
  • Votre épaule « craque » ou « saute » lors de certains mouvements

Pour organiser votre rendez-vous à Bordeaux, Langon ou Bourg-sur-Gironde, consultez le déroulement de la consultation et les documents à apporter.

Le bilan médical

L’examen clinique recherche le sens de l’instabilité, la laxité, la mobilité et la force. Les examens d’imagerie sont choisis selon le contexte et les lésions recherchées.

  • Les radiographies constituent le bilan initial après une luxation et recherchent notamment une fracture ou une lésion osseuse.
  • L’IRM peut être proposée en première intention après les radiographies pour étudier le labrum, la capsule, les ligaments et les tendons. Réalisée tôt après l’épisode, elle bénéficie du liquide présent dans l’articulation, qui facilite la lecture des tissus.
  • Le scanner permet de mesurer précisément les pertes osseuses de la glène et de la tête humérale, notamment avec des reconstructions en trois dimensions.
  • L’arthro-TDM ou l’arthro-IRM peuvent compléter le bilan selon la question posée, le délai, la qualité des images et les éventuelles contre-indications à l’IRM.

Dans les premières semaines : l’IRM précoce a une place importante, en particulier au cours des deux premières semaines. Son intérêt se discute aussi pendant les trois premières semaines selon l’épanchement et le contexte. Le choix de l’examen ne repose pas sur un délai unique applicable à tous.

Traitement non chirurgical

  • Immobilisation initiale après une luxation (généralement courte < 3 semaines)
  • Rééducation spécifique, renforcement des muscles stabilisateurs (rotateurs externes, fixateurs scapulaires), travail proprioceptif, contrôle moteur
  • Adaptation sportive temporaire ou définitive selon le profil

Une rééducation bien conduite permet parfois d’éviter la chirurgie, surtout chez les patients plus âgés, peu sportifs, et lorsque les lésions sont limitées.

Traitement chirurgical

La chirurgie est proposée quand :

  • Les épisodes d’instabilité se répètent malgré la rééducation
  • Les lésions identifiées sont importantes (défect osseux significatif, fracture du rebord glénoïdien)
  • L’instabilité limite la pratique sportive ou la vie quotidienne
  • Chez un patient jeune et sportif après un premier épisode, le risque de récidive peut justifier de discuter une stabilisation, selon le bilan et les objectifs.

Dans l’instabilité antérieure, deux techniques principales peuvent être discutées selon vos lésions, votre âge et votre activité :

  • Butée osseuse de Latarjet : transfert d’un fragment de la coracoïde sur le rebord antérieur de la glène. Elle est discutée en cas de perte osseuse, de récidives ou d’exposition sportive importante.
  • Réparation de Bankart sous arthroscopie : réinsertion du labrum et retension de la capsule. Elle est notamment discutée lorsque la perte osseuse est limitée.

Une réparation peut être associée au remplissage de l’encoche de Hill-Sachs ou à une retension capsulaire. La stabilisation dynamique par le biceps (DAS) est une autre option dans des situations sélectionnées. Pour une instabilité postérieure, le geste cible les structures situées à l’arrière de l’articulation.

Après un premier épisode, l’immobilisation courte et la rééducation précoce font partie du parcours. La suite dépend des lésions, de la récupération et de vos activités.

Pour préparer la reprise, consultez les délais et les critères de retour au sport, avec ou sans intervention.

Lorsque la chirurgie est discutée, découvrez les gestes adaptés au sens de l’instabilité et le principe du remplissage sur la page consacrée à l’intervention.

Intervention et récupération

Chirurgien au bloc opératoire

L’intervention

Réparation de Bankart sous arthroscopie ou butée de Latarjet : le choix de la technique adapté à vos lésions, le déroulé de l’intervention et les résultats attendus.

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Bras soutenu par une écharpe

Les suites opératoires

La rééducation débute immédiatement après l’intervention par des mouvements passifs et actifs aidés au début, puis évolue vers des exercices actifs et de renforcement musculaire après 6 semaines. Les auto-exercices doivent être réalisés régulièrement (3 fois par jour) dès le début.

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Exercice de mobilité de l’épaule accompagné

La rééducation

Les principes communs de la rééducation après stabilisation : un protocole en 4 phases, de la protection de la cicatrisation au retour aux activités.

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Questions fréquentes

Faut-il opérer après une première luxation ?

Pas systématiquement. La décision dépend de votre âge, de votre activité, de l’importance des lésions à l’imagerie et de votre niveau de sport. Pour un sportif de contact de moins de 25 ans, la chirurgie après le premier épisode est souvent recommandée car le risque de récidive dépasse 80 %. Pour un patient de 50 ans ayant une luxation suite à une chute, on commencera presque toujours par la rééducation.

Quand pourrai-je reprendre le sport après une butée de Latarjet ?

La reprise des sports sans contact (course, vélo) est possible vers 3 mois. Les sports avec contact ou armé du bras (rugby, handball, judo, escalade) sont autorisés généralement entre 4 et 6 mois selon la consolidation osseuse vérifiée à la radio et la qualité de la rééducation.

Bankart ou Latarjet : qui décide ?

Le choix est partagé entre vous et le chirurgien. Il dépend de l’imagerie (taille du défect osseux notamment), de votre niveau et type de sport, de votre âge et de vos antécédents. La butée est plus stable mais plus invasive ; le Bankart est mini-invasif mais avec un risque de récidive plus élevé chez les sportifs à haut risque.

Vais-je perdre de la mobilité ?

Une légère perte de rotation externe (5-15°) est fréquente. Elle est rarement gênante au quotidien et n’empêche pas de retrouver un haut niveau sportif. 

Que faire en attendant la consultation ?

Évitez les positions à risque (bras armé, en rotation externe forcée), n’arrêtez pas totalement le sport mais adaptez-le, et consultez votre kinésithérapeute pour commencer un travail de stabilisation et de proprioception.

Sources des explications sur les lésions et les gestes

Schémas pédagogiques simplifiés, non à l’échelle. Les indications sont adaptées lors du bilan.

Pour compléter votre lecture

À lire aussi. Le moment de l’intervention et le choix entre une intervention de Bankart et une butée de Latarjet dépendent du nombre de luxations, de votre âge et de l’état de l’os. Ces critères sont détaillés dans l’article luxation d’épaule récidivante : quand faut-il opérer ?.

Dr Lavignac - Spécialiste de l'épaule​

Chirurgien spécialiste de l'épaule à Bordeaux

Dr Pierre Lavignac - Chirurgien Orthopédiste