Traumatismes de l’épaule / Grand pectoral
Rupture du grand pectoral.
Comprendre la lésion, les possibilités de réparation et le retour progressif aux efforts.

Comprendre la rupture
Le grand pectoral est le muscle situé à l’avant du thorax. Il part du sternum et de la clavicule, puis se termine par un tendon fixé sur l’humérus. Il participe aux mouvements de poussée, au rapprochement du bras vers le corps et à sa rotation vers l’intérieur.
La lésion peut toucher le muscle, la jonction entre le muscle et le tendon, ou l’attache du tendon sur l’os. Elle peut être partielle ou complète : ces situations ne se traitent pas toutes de la même façon.
Comment survient-elle ?
Une mise en tension brutale sous charge peut provoquer la rupture. Le développé couché est une circonstance fréquente, notamment pendant la descente de la barre. Elle peut aussi survenir lors d’un effort violent ou d’un mouvement qui écarte brusquement le bras.
- Un claquement ou une sensation de déchirure.
- Une douleur et une perte de force immédiates.
- Un hématome sur le thorax ou la face interne du bras.
- Une modification du relief du muscle ou du pli de l’aisselle.
Après ce type d’accident, interrompez l’effort et contactez le cabinet pour un avis rapide.
Le bilan en consultation
L’examen recherche la localisation de la lésion et son retentissement sur la force. Une échographie ou une IRM peut préciser l’étendue de la rupture et la rétraction du tendon. L’imagerie doit explorer le grand pectoral dans son ensemble, ce qu’une IRM standard de l’épaule ne permet pas toujours.
La date de l’accident, votre activité sportive, votre travail et vos objectifs participent au choix du traitement.
Quelle prise en charge ?
Sans opération
Un traitement sans chirurgie peut être retenu pour certaines ruptures partielles ou atteintes musculaires, selon la gêne et les besoins fonctionnels. Il associe une phase de protection et une rééducation adaptée.
Réparer le tendon
Chez une personne active, une rupture complète du tendon peut conduire à proposer une réparation. Le tendon est remis au contact de son insertion sur l’humérus et fixé à l’os. Le montage dépend de la lésion et de la qualité des tissus.


Une rupture ancienne peut être plus difficile à réparer en raison de la rétraction. Une reconstruction avec un greffon peut alors être discutée. Un avis précoce permet d’évaluer les possibilités de réparation.
Protocole de rééducation après réparation du grand pectoral
Pour vous, patient
Vous pouvez bouger le bras dès le départ, seul ou avec l’aide du kinésithérapeute, doucement et sans forcer.
Pendant 6 semaines, ne cherchez pas à étirer ni à faire travailler le muscle réparé. À partir de 6 semaines, reprenez progressivement son utilisation, sans résistance.
Pas de charge lourde ni de renforcement spécifique avant trois mois. L’écharpe est portée pour le confort, pendant trois semaines maximum. La réparation reste protégée contre les efforts excessifs jusqu’à six mois.
Pour le kinésithérapeute
Cadre : réinsertion humérale du grand pectoral. La mobilisation active de l’épaule est autorisée d’emblée ; elle doit rester douce, sans travail ciblé du muscle réparé. Adapter aux consignes opératoires.
Mobilité autorisée et muscle protégé
Les mobilisations passives et actives sont autorisées d’emblée, dans les amplitudes confortables. Pendant 6 semaines, aucun étirement forcé du grand pectoral. Rester prudent lors de l’ouverture du bras en arrière, notamment en abduction associée à la rotation externe.
Aucun travail du muscle réparé pendant 6 semaines, même isométrique. Pas de contractions ciblées du grand pectoral, de poussées ni de serrage contre résistance.
Écharpe à visée de confort, pendant trois semaines maximum.
Reprise progressive
Reprise douce et progressive de la sollicitation du muscle dans les mouvements, sans résistance. Récupération progressive des amplitudes et du contrôle du geste.
Aucune charge lourde ni travail spécifique de renforcement avant trois mois.
Le travail de la coiffe et des stabilisateurs scapulaires est autorisé.
Renforcement spécifique progressif
Renforcement progressif du grand pectoral : exercices isométriques doux, puis élastiques et charges légères. Augmenter les charges selon la tolérance, sans passage brutal aux charges lourdes.
Maintenir la protection de la réparation jusqu’à six mois : pas d’effort maximal ni de geste explosif.
Reprise progressive des poussées, du développé couché et des gestes sportifs. La progression dépend de la douleur, de la mobilité et de la force récupérées.
Douleur et soins
Aucun exercice en force ni douloureux. Réduire les exercices si la douleur persiste ou augmente le lendemain.
Froid ou chaleur, drainage de l’œdème et massage à distance de la réparation selon les besoins.
Quand me recontacter ?
Contactez le cabinet en cas de douleur croissante, de claquement avec un nouveau bleu ou une déformation, de perte brutale de force, de fièvre, d’écoulement de la plaie ou de fourmillements persistants.
Suspendre les exercices en cas de suspicion de rupture.
Questions fréquentes
Faut-il toujours opérer une rupture du grand pectoral ?
Non. Le choix dépend du siège de la rupture, de son étendue, de la gêne et de vos activités. Une rupture complète du tendon chez un sportif se discute différemment d’une atteinte musculaire ou partielle.
Une rupture ancienne peut-elle encore être traitée ?
Oui, un bilan reste utile. La rétraction et la qualité des tissus peuvent rendre la réparation plus complexe et conduire à envisager une reconstruction.
Quand reprendre le développé couché ?
La reprise dépend du geste réalisé et de votre récupération. Les charges sont réintroduites progressivement après validation de l’équipe qui vous suit. Le retour aux charges habituelles ne se décide pas uniquement sur un délai.
Pour poursuivre votre lecture
Votre consultation
Références médicales : AAOS · HSS · Mass General Brigham